Un plafond, ce n’est pas qu’une limite : c’est la frontière mouvante entre avantage fiscal et frustration. En 2026, le cadre légal autour des déductions sur le Plan Épargne Retraite (PER) se précise, sans pour autant simplifier la donne. Revenus, nature du plan, statut professionnel : tout se conjugue pour déterminer jusqu’où il est possible d’aller.
Certains mécanismes, comme le report des plafonds inutilisés ou la mutualisation entre partenaires, changent la donne et peuvent gonfler l’économie d’impôt. Le choix entre PER individuel ou plan collectif n’est pas neutre non plus : chaque option a ses règles, ses atouts et ses limites pour optimiser la fiscalité.
Comprendre le plafond de déduction d’un PER en 2026 : ce qui change et pourquoi c’est important
Pour 2026, le plafond de déduction d’un PER se cale toujours sur le plafond annuel de la sécurité sociale (PASS), repère incontournable pour fixer la marge de manœuvre fiscale sur les versements volontaires. Avec un PER individuel, la règle ne laisse pas de place à l’interprétation : la somme déduite du revenu imposable ne peut dépasser le montant le plus élevé entre 10 % des revenus professionnels de l’année précédente (nets de cotisations et frais) ou 10 % du PASS.
À mesure que le PASS progresse, le plafond suit le mouvement. Mais selon que l’on soit salarié ou travailleur non salarié (TNS), les modalités varient. Les salariés s’en tiennent à un plafond indiqué sur leur avis d’imposition, alors que les TNS profitent d’une formule plus généreuse, adaptée à la diversité de leurs revenus et à la fiscalité PER qui leur est propre.
Voici comment se déclinent ces règles selon le statut :
- Un salarié calcule son plafond selon le plus avantageux entre 10 % du PASS et 10 % des revenus professionnels.
- Pour un TNS, le calcul combine 10 % du bénéfice imposable (jusqu’à 8 PASS) et 15 % sur la tranche comprise entre 1 et 8 PASS.
Chaque année, le plafond de déduction fiscale évolue, mais il reste possible de reporter les droits non utilisés sur les trois années suivantes. Cette souplesse donne une vraie latitude pour ajuster les versements à la réalité des revenus ou à un projet patrimonial ponctuel. Bien piloté, le plafond PER devient un véritable outil pour réduire son impôt sur le revenu et bâtir son épargne retraite au fil du temps.
Quels sont les montants déductibles et comment fonctionnent les différents plafonds ?
Le plafond de déduction fiscale du PER s’appuie sur un savant dosage entre revenus professionnels et plafond annuel de la sécurité sociale. Pour 2024, ce dernier est fixé à 46 368 €. C’est la référence pour calculer le montant déductible lors de la déclaration.
Concrètement, deux modes de calcul coexistent. Seul le résultat le plus élevé pour l’épargnant s’applique :
- 10 % des revenus professionnels de l’année précédente (nets de frais et cotisations sociales)
- Ou bien 10 % du PASS, soit 4 636 € pour 2024
Les travailleurs non salariés bénéficient d’un calcul spécifique, qui leur permet une déduction supérieure. Ils doivent appliquer 10 % du bénéfice imposable dans la limite de 8 PASS, puis ajouter 15 % sur la tranche comprise entre 1 et 8 PASS. De quoi s’adapter à différents profils et niveaux de revenus.
L’optimisation passe aussi par la mutualisation des plafonds dans le foyer fiscal. Ce mécanisme autorise l’utilisation du plafond du conjoint, à condition de bien vérifier les droits de chacun sur l’avis d’imposition. Autre levier à ne pas négliger : le report de plafond sur les trois années précédentes, utile pour ceux qui n’auraient pas exploité toutes leurs possibilités de déduction.
Le choix entre déduction immédiate ou anticipation de la fiscalité à la sortie (capital ou rente) dépend beaucoup du taux marginal d’imposition (TMI). Plus ce taux grimpe, plus la déduction initiale prend de la valeur. Une étude attentive de la déclaration de revenus et de l’avis d’imposition reste la base d’une stratégie efficace.
Exemples concrets et conseils pratiques pour optimiser la fiscalité de votre épargne retraite
Le PER n’est pas seulement un produit d’épargne : bien utilisé, il devient un levier puissant pour alléger la pression fiscale, à condition de savoir jongler avec les plafonds et d’anticiper l’évolution du taux marginal d’imposition à la retraite. Imaginons un salarié touchant 50 000 € par an : un versement volontaire PER de 5 000 € lui fait économiser 1 500 € d’impôt si son TMI est de 30 %. Les travailleurs non salariés, grâce à la règle des 8 PASS, peuvent aller encore plus loin dans la déduction.
Quelques points de repère pour affiner sa stratégie :
- La gestion pilotée sécurise progressivement l’épargne avant la retraite, tandis que la gestion libre laisse plus de latitude à ceux qui veulent agir eux-mêmes sur les marchés.
- Le choix entre fonds en euros (pour la stabilité) et unités de compte (pour un potentiel de rendement supérieur, mais avec un risque de perte en capital) ajuste le profil du contrat.
- La mutualisation des plafonds prend tout son sens dans les couples où l’un a des revenus plus faibles.
- Le report sur trois ans permet d’absorber les pics de revenus ou d’effectuer des versements exceptionnels.
Un dernier point à surveiller : la fiscalité au moment de la sortie. Opter pour une sortie en capital expose la part déduite à l’impôt selon le barème en vigueur, tandis qu’une rente viagère bénéficie d’un régime fiscal distinct. À chacun d’anticiper, selon ses attentes de revenu à la retraite et l’environnement fiscal à venir.
Rien n’est figé, tout se construit. Le plafond du PER, loin de brider les ambitions, devient alors la rampe de lancement d’une épargne retraite ajustée, réfléchie, taillée à la mesure de chaque parcours.


