Ne cherchez pas la logique là où nul texte ne l’impose : le Plan d’Épargne Retraite (PER) ne s’arrête pas une fois la retraite venue. Nulle obligation de couper les ponts au seuil de l’âge légal. Les versements peuvent se poursuivre, la gestion reste possible, et le choix s’adapte à chaque parcours. Les avantages fiscaux, eux, persistent, même si leur intérêt se module selon la trajectoire de vie et la situation fiscale de chacun.
Décider de continuer, ou non, les versements sur son PER après le départ à la retraite relève d’un choix personnel, dicté par la stratégie patrimoniale, l’échéance des besoins de liquidité, l’appétit pour le risque ou la prudence. La réglementation, tout comme la fiscalité, ajoute des nuances qui peuvent faire la différence dans la pertinence de ce maintien.
Conserver son PER à la retraite : une liberté souvent méconnue
Peu de personnes le savent réellement, mais garder son PER après avoir quitté la vie active ne relève ni de l’exception ni du casse-tête administratif. Le plan continue son existence, sans interruption forcée, sans échéance automatique. Rien ne vous oblige à le liquider au moment de votre départ. La loi vous laisse la main. Le contrat reste ouvert, évolutif, libre d’arbitrages selon l’orientation que vous souhaitez lui donner, qu’il s’agisse de miser sur la performance ou de sécuriser l’épargne accumulée.
Choisir de maintenir un PER individuel à la retraite, c’est s’offrir la latitude de piloter son épargne sans contrainte. Les gestionnaires attendent simplement vos directives. Aucune règle ne vous impose de solder votre contrat dès que l’heure de la retraite sonne. Vous pouvez poursuivre une gestion dynamique, opter pour des arbitrages en douceur vers des fonds moins exposés, ou au contraire, saisir des opportunités de marché selon votre profil et votre horizon.
Cette prolongation présente des intérêts concrets, notamment pour celles et ceux qui souhaitent jouer sur le moment de la sortie : en capital, en rente, ou un mélange des deux. Certains préfèrent temporiser, garder le capital investi pour profiter d’une conjoncture favorable ou d’une fiscalité allégée l’année d’une baisse de revenus. D’autres valorisent la souplesse, en débloquant des sommes au gré des besoins ou en anticipant la transmission, avec des conditions parfois avantageuses pour les bénéficiaires.
Au fond, conserver son PER à la retraite, c’est choisir de garder le contrôle, de faire coïncider la gestion de son épargne retraite avec ses propres priorités et le contexte du moment. Cette marge de manœuvre, souvent mal connue, permet d’adapter, d’anticiper, et, surtout, de ne pas se laisser dicter son calendrier.
Versements après la retraite : quelles possibilités et sous quelles conditions ?
Continuer à alimenter son PER après la retraite n’a rien d’interdit, bien au contraire. La réglementation le permet, à condition de ne pas avoir procédé à une sortie intégrale du plan. Les titulaires peuvent donc verser de nouvelles sommes, et ce, selon les mêmes logiques qu’avant le départ.
La principale interrogation porte sur l’avantage fiscal associé. Même après la retraite, chaque versement volontaire peut être déduit du revenu imposable, dans la limite de plafonds fixés selon le statut (ex-salarié, indépendant). Cette possibilité d’allégement fiscal reste un levier puissant, notamment pour ceux dont les pensions ou revenus annexes maintiennent une imposition significative.
Voici comment s’appliquent les plafonds de déduction pour les différents profils :
- L’ancien salarié peut déduire jusqu’à 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, dans la limite de 35 194 € pour 2024.
- Pour l’indépendant, ce plafond grimpe à 76 102 €, avec une part complémentaire intégrée.
La stratégie de déduction fiscale séduit surtout les retraités percevant encore des revenus d’activité ou des pensions élevées. Elle permet de lisser l’imposition lors de pics de revenus, par exemple à la réception d’indemnités liées à la cessation d’activité. Avant d’effectuer de nouveaux versements, il convient toutefois de vérifier les modalités du contrat : tous les PER n’autorisent pas les versements additionnels après une première liquidation partielle.
Impacts fiscaux et stratégies pour optimiser la gestion de votre PER en tant que retraité
La question de la fiscalité, et celle des stratégies d’optimisation, occupe une place centrale dès lors que l’on aborde la gestion du PER à la retraite. Deux grands axes se dessinent au moment de la sortie : le choix entre capital et rente, chacun obéissant à des règles distinctes.
Dans le cas d’une sortie en capital, la somme retirée subit le barème progressif de l’impôt sur le revenu, tandis que les plus-values sont soumises au prélèvement forfaitaire unique, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux. Opter pour la rente impose une autre logique : l’imposition dépend de l’âge au moment du premier versement, avec un abattement qui varie selon la tranche d’âge. Le niveau d’imposition marginal sert alors de boussole, particulièrement pour ceux dont les pensions ou revenus annexes restent conséquents.
Optimiser la gestion de son PER à la retraite
Quelques pistes permettent d’améliorer la gestion de son épargne tout en limitant la pression fiscale :
- Répartir les retraits en capital sur plusieurs années afin de ne pas franchir un palier d’imposition supérieur.
- Jouer sur la complémentarité entre sortie en capital et rente, en adaptant la répartition à l’évolution de la situation financière et patrimoniale.
- Préparer la transmission du capital : lors du décès, le PER transmis aux bénéficiaires profite d’une fiscalité souvent plus avantageuse qu’une assurance vie ouverte après 70 ans, sous réserve de respecter certaines conditions.
Le choix du mode de sortie, capital ou rente, doit tenir compte du niveau de ressources, des besoins de trésorerie immédiats et de la vision à long terme. Ajuster la gestion de son PER, c’est aussi composer avec l’état des marchés et le cadre légal, pour tirer le meilleur parti de chaque situation.
Prendre la main sur son PER à la retraite, c’est transformer un simple produit d’épargne en véritable outil d’anticipation. À chacun la liberté de faire bouger les lignes, au fil de ses envies et des circonstances.


