24 232 euros. Depuis le 1er janvier 2025, ce chiffre n’a rien d’anecdotique pour les agents de la fonction publique. C’est la nouvelle frontière, nette, implacable : toute personne seule qui espère toucher la pension de réversion ne doit pas dépasser ce plafond annuel de ressources. Le chiffre évoluera en 2026, mais la règle reste : dépassement, même minime ? Le droit saute. Aucune latitude, aucun « petit arrangement ».
Un formulaire mal rempli, un revenu oublié dans la déclaration, et la sanction tombe : versement suspendu, voire remboursement exigé. Mieux vaut connaître la liste des revenus considérés, car certaines aides ou allocations, souvent passées sous silence, sont intégrées au calcul et peuvent tout changer.
Ce qui change pour la pension de réversion des fonctionnaires en 2025 et 2026
Le paysage de la pension de réversion des fonctionnaires est en train de bouger. Aujourd’hui, dans la fonction publique, le principe est limpide : pas de plafond de ressources, aucune condition d’âge pour le conjoint survivant, mais la pension saute automatiquement si l’on se remarie, se pacse ou s’installe en concubinage. Le montant ? 50 % de la pension du défunt. En 2025, le minimum mensuel s’élève à 331,94 euros. Ce plancher grimpera à 334,92 euros dès 2026.
Mais cette architecture va voler en éclats. Dès 2026, la réforme portée par le gouvernement et le Conseil d’orientation des retraites compte unifier les conditions d’accès entre tous les régimes. Les pacsés et concubins seront intégrés, la condition de non-remariage disparaîtra. Un plafond de ressources unique sera instauré, accompagné d’un âge minimum commun à respecter. Finis les patchworks de règles qui faisaient de la réversion un casse-tête selon le statut du défunt ou du bénéficiaire.
| Année | Montant minimum mensuel | Taux de réversion |
|---|---|---|
| 2025 | 331,94 € | 50 % |
| 2026 | 334,92 € | Taux unique à fixer |
Ce bouleversement ne sera pas sans conséquences. Le plafond de ressources englobera toutes les rentrées d’argent. Les personnes cumulant activité et pension devront calculer au plus juste. L’ouverture aux pacsés et concubins élargit le cercle des bénéficiaires, mais la gestion des dossiers sera plus complexe, surtout pendant la phase de transition. Chacun devra surveiller ses déclarations et ses droits avec soin. La protection sociale à la retraite n’aura plus tout à fait le même visage.
Quels sont les plafonds de revenus à respecter pour rester éligible ?
À mesure que la réforme des pensions de réversion se rapproche, la tension monte. Pour beaucoup de fonctionnaires, la notion même de plafond de ressources est une découverte : jusqu’ici, aucune restriction de revenus. Mais la logique du régime général va maintenant s’appliquer à tous.
Pour 2025, les seuils sont posés : 24 710,40 € pour une personne seule, 39 536,64 € pour un couple. En 2026, ces sommes grimperont légèrement à respectivement 25 056 € et 40 090 €. Ces plafonds incluent tout : salaires, pensions, loyers encaissés, intérêts, plus-values… La pension de réversion s’ajoute, bien entendu, à l’ensemble.
Voici les montants à ne pas franchir selon la situation familiale :
- Personne seule : 24 710,40 € (2025), 25 056 € (2026)
- Couple : 39 536,64 € (2025), 40 090 € (2026)
Le cumul emploi-retraite devient donc un paramètre délicat. Le moindre euro en trop peut faire basculer du bon côté… ou du mauvais. Le concept de « couple » s’étend désormais aux pacsés et aux concubins, ce qui élargit les situations à surveiller. À chaque changement de revenus, l’éligibilité peut être remise en cause. Mieux vaut anticiper : la gestion de ces nouveaux seuils devient incontournable pour tous les professionnels concernés.
Les contrôles, eux, vont se multiplier. Les caisses réclameront des justificatifs détaillés : bulletins de pension, avis d’imposition, preuves de revenus annexes. Le moindre écart détecté pourra suspendre ou diminuer la pension. La rigueur sera de mise, chaque euro devra être justifié.
Comprendre vos droits et éviter les pièges courants liés à la réversion
La pension de réversion n’arrive jamais toute seule. Il faut la solliciter auprès de la caisse de retraite, avec un dossier en bonne et due forme. Des centaines de demandes restent chaque année en attente, parfois pour un document manquant ou une démarche oubliée. Les droits s’ouvrent aux conjoints survivants, aux ex-conjoints non remariés, parfois aux orphelins selon des règles précises. Dans la fonction publique, la règle ne laisse guère de marge : le moindre remariage, PACS ou concubinage, et la pension est suspendue. Prévoir ces évolutions personnelles, c’est éviter les mauvaises surprises et la récupération de sommes versées à tort.
Autre point délicat : le partage de la pension de réversion entre ex-conjoints. Le montant est réparti selon la durée de mariage de chacun. Un divorce ne ferme pas la porte au droit, mais il en réduit la part. Les enfants ne deviennent bénéficiaires directs que dans certains régimes très spécifiques, via une pension d’orphelin. L’âge minimum va lui aussi changer : l’harmonisation annoncée prévoit un alignement sur les critères du régime général, tant pour l’âge que pour la durée de mariage.
Côté fiscalité, la pension de réversion reste soumise à l’impôt sur le revenu, comme toutes les autres pensions. La majoration pour enfant à charge existe mais concerne peu de situations dans la fonction publique. En cas de refus ou de désaccord, plusieurs recours sont possibles : recours gracieux, commission de recours amiable, tribunal judiciaire. Il faut alors relire chaque notification, reconstituer précisément son parcours marital et professionnel, rassembler chaque justificatif. L’attention portée à la chronologie des événements, au statut familial et à la cohérence des ressources s’avère déterminante pour défendre ses droits et naviguer sans accroc.
Demain, la pension de réversion comptera plus que jamais sur la vigilance de chacun. Les règles changent, les seuils aussi : mieux vaut garder un œil sur la ligne, sous peine de voir s’éloigner la sécurité qu’on croyait acquise.


